Voyager en Argentine et être végétarien n’est pas tout à fait simple, alors en étant vegan (végétalien) c’est encore plus compliqué. Trouver un restaurant avec ce type de propositions dans un pays si carnivore comme l’Argentine c’est une belle surprise, un signe que les choses sont en train de changer partout.

Mendoza c’est ma province natale, une province avec une tradition agricole importante, où les gens étaient habitués à cultiver et à faire du troc avec leurs voisins afin d’avoir de la variété. J’ai vu mes parents préparer des conserves avec les fruits que mon oncle apportait et on pouvait considérer un luxe le fait d’avoir de la sauce tomate en hiver, aller chercher les pots et les ouvrir un dimanche avec les pâtes fraiches maison de ma mère. Le vrai luxe quoi.

Cette tradition est quasiment perdue, aujourd’hui les fruits et légumes ont moins de goût et la bonne qualité est restée à côté, la viande l’importe largement dans ces parages.

Cette petite introduction est là pour vous montrer comment le travail de ce couple qui a ouvert ce resto-cantine est important et mérite d’être connu. Daniela et Ezequiel nous racontent quoi les a mené dans cette aventure. Enjoy !

Salut Daniela, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Daniela Staneloni et je suis en charge de Cuenco Vegano. J’ai 30 ans et cela fait déjà 7 ans que nous avons créé ensemble avec mon compagnon Ezequiel (cuisinier), cet espace destiné à proposer de la nourriture sans exploitation animale. Je suis née et j’habite toujours à Mendoza, Argentine. Je suis végétarienne dès mes 16 ans et vegan depuis 4 ans.

Comment tu as tu l’idée d’ouvrir ton resto ? Comment l’a reçu la communauté ? (surtout dans un pays si carnivore comme l’Argentine)

Lors que j’ai connu Ezequiel, il était déjà dans le secteur gastronomique, il avait une pizzeria où il travaillait avec de la viande. Les ventes avaient commencé à décliner et il y avait seulement plus de demande les weekends. Nous avons donc commencé à élaborer des plats végétariens et à les proposer ensemble avec les pizzas et les « lomos ». Le menu végétarien a commencé à avoir de plus en plus de demande et nous avons augmenté la production jusqu’à ce que nous nous sommes focalisés dans ce type d’alimentations.

A cette époque là, nous avions 10 plats végétariens et peu à peu nous sommes arrivés à 50 – 60 variétés de plats. Quand j’ai pris la décision d’être vegan nous sommes incorporés plus de plats sans ingrédients issus des animaux et nous nous sommes spécialisés la dessus.

Dans la communauté cela a été très bien reçu, il n’y avait pas de proposition pareille et beaucoup ne connaissaient pas le véganisme. La présence de formages et de crèmes végétales étaient couramment associés à ceux qui proviennent des animaux. En général la population s’est montré très satisfaite et surtout les vegans qui ont trouvé ici leur endroit.

Qui t’as motivé à devenir végétarienne et vegan par la suite ?

Je suis végétarienne depuis l’âge de 16 ans, mais cela fait 4 ans que je me suis rendue compte que malgré le fait de ne pas consommer des produits carnés, l’exploitation animale et la maltraitance existaient. Si l’on ajoute à cela que les dérivés des produits animaux ne me faisaient pas du bien côté santé, le véganisme était le bon chemin à suivre.

Le concept de restaurant de vente au kilo et très convenable parce que on peut faire nos propres assortiments sans avoir le limite d’une carte. Autre particularité de votre resto est que vous ouvrez seulement à midi… Vous faites quoi avec les restes ? Les donnez-vous ? En France il y a une application qui permet d’acheter les restes à moitié prix. Par exemple à 15h un plat qui était vendu à 12€ coute 6€. Tu penses que cela serait applicable pour vous ?

Sans doute la vente au kilo donne la possibilité de composer son plat librement à son goût et sans devoir attendre à qu’il soit préparé. Actuellement la quantité que nous produisons ce celle qui est consommé, en fait l’élaboration dépend beaucoup de la saison, par exemple pendant les vacances les ventes sont inférieures et nous faisons moins de quantité, au printemps on augmente et si nous ouvrons un jour férié la production est aussi minime. De toute manière, s’il y a des restes on fait la répartition entre ceux qui travaillons ici ou parfois on donne si quelqu’un demande à la fin de la journée. Cela arrive aussi que si quelqu’un vient à la fin du service on vend ce qui reste à un prix réduit donc on pratique un peu ce qui se fait en France, sans que ce soit publié ou dans nos chartes.

Quel est le plat le plus vendu ? Pour quoi tu penses que c’est le cas ?

Ou laaa, il y en a beaucoup mais celui qui est un « hit » c’est le seitan fumé (steak de gluten), strogonoff (steak de soja avec de la crème de pomme de terres et champignons), empanadas de lentilles, tofu enrobé d’algues, oignons rings. En principe je pense que se sont les plus vendus car ils sont vraiment très savoureux et par ailleurs, s’ils faut les préparer à la maison, ce sont ceux qui sont les plus laborieux quand on est pressé et que le temps s’envole !

Pour quoi tu as choisi ce quartier et pas une zone plus centrale ?

Là où on fonctionne actuellement c’était le local du premier projet d’Ezequiel et il était tout équipé pour continuer avec l’activité gastronomique. On a eu la proposition de déménager mais on continue à parier sur cette zone.

Les raisons sont multiples: la rue où on est a beaucoup de passage à l’horaire où on ouvre et il n’y a aucune proposition similaire. De plus, les loyers dans le centre de la ville sont plus élevés et je ne choisi pas le centre car il est chaotique (plus de gens, bruit, trafic et tout ce qui est associé au centre ville)

Les gens pensent qu’être vegan est à la mode. Tu en penses quoi ?

C’est vrai qu’actuellement on connait et on entend plus parler de véganisme. Il y a une majeur diffusion et la possibilité de s’informer au sujet. Internet a beaucoup contribué pour que cet style de vie augmente et s’étende plus.

Je ne visualise pas la mode, je considère qu’il y a un essor mais plutôt associé au bien-être à améliorer notre état, notre style de vie, à avoir une alimentation saine.

Je doute que ce soit quelque chose de passagère comme la mode, je le voie comme une changement plus profond et perdurable.

Finalement, tu veux partager quelque chose avec les lecteurs de la vitrine verte ?

J’aimerais inviter les voyageurs venir à Mendoza et connaitre Cuenco Vegano, c’est un espace simple, avec de la bonne nourriture, bonne énergie, des gens cool et libre d’exploitation animale. Et pour ceux qui n’ont pas la possibilité de voyager essayez de faire un bon plat évitant la consommation animale. Il y a une infinité de plats que vous pouvez faire à la maison pour célébrer la belle vie ! Je vous partage une petite liste d’exemples de plats que nous préparons chez Cuenco :

Pizza intégrale avec fromage de pommes de terre, Chop suei, Pastel de pommes de terre, Paniers de courgettes rondes, Croquettes de millet, Croquettes de riz et coriandre, seitan, povirons farcis, etc etc.

Cuenco Vegano Olascoaga 1412, Ciudad de Mendoza, Argentina Horaire de 12h à 15h

 

 

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